LE GRAND PARADIS 4 081M
LE GRAND PARADIS 4 081M
Un exploit de plus pour la cordée de malades avant le Mont Blanc début juillet
Départ de Nice à 4h30 pour le massif du Grand Paradis en Italie dans le Val d’Aoste/Val Savaranche. Nous avons décidé de faire la marche d’approche jusqu’au refuge Victor Emmanuel avant le repas de midi, ce qui va permettre à Eric de pouvoir manger son dernier repas après avoir fournis les efforts de la première journée : il pourra ainsi recharger ses "batteries" et se reposer toute l’après-midi au refuge.
700m de dénivelé nous attendent pour atteindre le refuge. Le sentier est très beau et bien entretenu. C’est vers 13h15 que nous arrivons au refuge Victor-Emmanuel situé à 2732m d’altitude.
Nous partagerons un plat de pâtes italiennes necessaire pour que chacun soit au mieux de sa forme demain. Le temps s’est mis à la pluie et nous ne savons alors pas s’il se sera dégagé pour notre départ du lendemain prévu à 5h.
le temps s’est découvert et après un petit déjeuner, nous nous préparons à partir. 1300m de dénivelé nous attendent aujourd’hui; c’est à la frontale que nous partiront vers 5h; comme il ne fait pas froid, la neige est plutôt molle et il faut faire attention de ne pas trop s’enfoncer, c'est un problème pour Xavier.
Après 1h30 de marche, nous mettrons nos crampons et nous encorderons à la langue terminale du glacier du Grand Paradis. A cet endroit la neige n’a gelé qu’en surface. Prouesses d’équilibristes, nous progressons avec délicatesse pour ne pas briser cette fine pellicule de glace au risque de s’enfoncer.
Le rythme se fait plus lent, nous essayons tant bien que mal de progresser dans un épais brouillard. Quand soudain, les nuages s’effilochent offrant à nos yeux ébahis un instant magique. Pas question à cet instant de fléchir. Nous laissons nos sacs à cet endroit, délestés ainsi de quelques kilos, nous partons vers le sommet.
Le passage est étroit, entre les cordées qui montent et celles qui descendent, c’est l’embouteillage. Rémi, notre guide, préfère emprunter un autre itinéraire. C’est crampons aiguisés et piolet en main que prudemment nous entamons la traversée. A cet endroit, la neige est dure et la pente très raide. De nouveau, le brouillard reprend ses droits accentuant l’effet angoissant du passage. Puis, nous arrivons au pied d’une falaise rocheuse, pas très haute mais perchée à 4000 m d’altitude, elle impressionne. C’est par là que nous devons passer. Les jambes flageolent, le rythme cardiaque s’accélère. Pas le temps de gamberger, il faut y aller.
Les encouragements des autres équipiers nous poussent aux fesses, le guide, lui, assure notre progression à l’autre bout de la corde. L’arrivée au sommet donne le vertige. L’émotion, mélange de peur rétrospective et de fierté, se lit sur les visages. Quelques échanges avec l’autre cordée, mais pas le temps de savourer notre réussite, il nous faut penser à la descente qui sera longue, 2000m au total. Quelques glissades improvisées sur les toboggans naturels rendent la descente grisante et rapide, mais c’est sans tenir compte des difficultés physiques de certains. Vers 13h, nous rejoignons le refuge où nous avons passé la nuit.
Nous quittons le refuge à 14h30, pour retrouver la verdure de la vallée. La dernière partie de la descente se fait au rythme de chacun, alors que les uns dévalent à pas de géants, les autres peinent à mettre un pied devant l’autre. 17h, nous sommes tous arrivés au parking, il était temps car la météo qui nous avait épargnés jusqu’à là.






